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Dire sans nuire. « La tour des oufs » à Nantes. – Ouest-France.


Dans l'édition nantaise de Ouest-France de ce samedi-dimanche 4 et 5 novembre, on peut lire la suite d'une série sur le quartier populaire de Bellevue. Sous le titre « Le territoire », on décrit très précisément une tour HLM, avec grande photo et la localisation exacte. Le journal écrit : « De l'autre côté de la place, la tour concentre beaucoup de gens en situations difficiles. » Cet euphémisme est donné comme un témoignage entre guillemets, mais la citation n'est pas attribuée à un locuteur précis, selon une nouvelle habitude journalistique qui facilite la lecture, mais pas forcément l'intelligence du lecteur, ni la responsabilité.

Le journal continue : « Version plus violente d'un gamin : « C'est la tour des oufs ! ». » Puis après cette appréciation définitive, le reportage continue tranquillement son exploration ethnologique du quartier.

On peut supposer que les habitants défavorisés de cette tour n'ont pas demandé à y résider. Qu'ils ne sont aucunement responsables si l'administration a laissé se concentrer plus de problèmes qu'ailleurs dans un seul immeuble. On peut aussi songer que ce sont nos semblables qui sont ainsi désignés publiquement et dégradés comme « oufs ». On peut enfin se mettre à la place d'un enfant qui reviendrait lundi de l'école. « Dis papa, on s'est moqué de moi à l'école. C'est vrai qu'on surnomme notre immeuble la « tour des oufs » ? Il paraît même que c'est écrit dans le journal ! ».

On connaissait déjà les rubriques immobilières qui font monter artificiellement le coût du logement, voici donc désormais un nouveau sport pour classes moyennes : l'ostracisme qui fait baisser d'un seul coup la cote d'un immeuble ?

Certes, la presse n'est pas là pour taire ou minimiser les réalités les plus cruelles. Mais on peut « dire sans nuire » selon une belle devise de Ouest-France. Un souci de dignité partagée pourrait maintenant conduire à réaliser un reportage sur toutes les belles personnes qui résident dans cette tour, leur vies, leurs amours, leurs soucis, leurs histoires, leurs prouesses, leurs espoirs, leurs solidarités
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# Posté le vendredi 27 avril 2007 17:01

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ARLENE
15 bis, rue Yves Kartel
44 100 Nantes
T.02 40 46 18 85
assoarlene@wanadoo.fr


Histoire de la rue du DRAC

Depuis mars 2005, l'association Arlène a engagé une démarche pour faire revivre l'histoire de la rue du DRAC dans le quartier de Bellevue.
De quoi s'agit-il exactement ?
En 1966, la première Zone d'Urbanisation Prioritaire de Nantes accueille des grandes familles ouvrières. La rue du Drac est une des premières habitées et loge des familles nombreuses qui pour beaucoup viennent des baraquements du Chêne des Anglais. A ce moment, on compte plus de six cents jeunes dans la rue car les familles de 10 ou 13 enfants ne sont pas rares. Pour faire face aux fins de mois difficiles et réagir aux manques d'équipements pour les enfants, les femmes de la rue s'entraident, bientôt aidées par les travailleurs sociaux du quartier et une conseillère en économie sociale de la CAF. Cette solidarité féminine donne alors naissance à de nombreuses actions sur le quartier.

Ce sont donc toutes ces initiatives que le groupe veut mettre à jour en collectant des documents et des témoignages auprès des militants, des éducateurs et des travailleurs sociaux de cette période.

Les Archives municipales, l'équipe de quartier et un anthropologue urbain encadrent la démarche dont les fruits seront restitués au public début 2007 lors de l'inauguration des locaux associatifs de la rue du Drac.

Ce travail de collecte a permis de recueillir de nombreux documents d'époque (anciens journaux du groupe d'habitants, courriers...) et surtout plus de 500 photographies et diapositives représentant la vie des habitants de la rue du DRAC dans les années 70. Tous ces documents ont été numérisés et sont venus enrichir le fonds des Archives.



Les femmes de la rue du Drac
Extrait de Nantes au quotidien n°163
Catherine Le Brigand / Mars 2006

Le Drac est un torrent qui se jette dans l'Isère. C'est aussi la dénomination, prémonitoire peut être, d'une rue de Bellevue, qui connut dans les années 70 un torrent de solidarité entre des familles d'ouvriers très modestes, entre les femmes particulièrement, des tourbillons d'émancipation quand la vie familiale se vivait dans le collectif des premières HLM, des premières banlieues.


1966: la première zone d'urbanisation prioritaire (Zup) de Nantes accueille des grandes familles ouvrières pour résoudre la crise du logement et répondre à la demande engendrée par le baby-boom. “La rue du Drac est alors l'une des premières rues du quartier. Les familles, viennent, pour beaucoup d'entre elles, des baraquements du Chêne-des-Anglais”, rapporte Marie-France Flahault, à l'époque éducatrice de prévention sur le quartier. Les enfants courent partout. Dans les vingt logements des immeubles 2 et 4, on recense près de cent cinquante gamins. “Plus de six
cents dans la rue.” Les familles de dix, douze, treize enfants ne sont pas rares. “Je me souviens qu'au rez-de-chaussée de mon immeuble, c'était une famille de dix-huit enfants”, confie Lucie Thibault. L'emménagement
dans ces logements est synonyme de confort. “Ce qu'on a apprécié ! Nous
n'avions jamais eu de salle de bain”, s'exclame Maryse Barat, mère de treize enfants.“Ces familles ont quitté leur “baraquement”pour vivre en HLM. Une nouvelle vie s'ouvre à elles dans un quartier neuf. Mais cela suppose de mettre en place toute une organisation. Exemple : “comment fait-on pour se ravitailler quand on n'a pas de voiture ?”,renchérit Marie-France Flahault. Ce peut être également, comment fait-on pour finir le mois quand le seul salaire du mari ne suffit pas ? Des salaires bien maigres, ceux d'ouvriers non qualifiés, dans le bâtiment pour beaucoup. La solidarité féminine se met en place. “Lorsqu'une famille connaissait encore plus de difficultés que les autres, l'une d'entre nous lui apportait du lait, des œufs ou des plats. Nous laissions cela devant sa porte sans lui dire pour ne pas la gêner”, se souvient Maryse Barat. “Les allocations familiales passaient entièrement dans la nourriture. On achetait à crédit aux Dames de France, sinon on n'aurait pas pu.” Et Danielle Chauvin d'ajouter : “Sitôt qu'on avait nos sous, on allait chez Eurodif. Le magasin vendait les chaussettes par dix, c'était avantageux. Après, on se les répartissait.” “Le local Caf m'a réveillée”. Petit à petit, l'aide se structure avec les travailleurs sociaux et la conseillère en économie sociale de la Caf, Marie-Annick Morin. “Nous sommes aux prémices du travail de prévention dans les banlieues qui sortent tout juste de terre”, poursuit Marie-France Flahault. Les éducateurs de prévention proposent de prendre le relais auprès des mères en accueillant les enfants. Activités football, judo, basket mais aussi camps de vacances à la mer, à la montagne sont mis en place. “Nous frappons à la porte des familles pour échanger avec les parents, établir des liens de confiance et surtout pour que les pères acceptent de laisser sortir leurs filles.” Quant au travail de la conseillère familiale, il consiste à inviter les femmes à se rencontrer pour partager leur vécu tout en apprenant à accommoder les restes de repas et à raccommoder les vêtements. En somme, l'art de la bonne gestion économe. D'ailleurs, très vite, elles mettent vêtements, poussettes et accessoires de leurs enfants au pot commun avant d'organiser des bourses aux vêtements. “Nous nous prêtions le matériel. Si ce n'était pas neuf, on s'en fichait, du moment que c'était propre”, confie Lucie Thibault.
Une habitante, Maryse Launais, figure éminente du quartier, met son appartement à disposition de ces femmes qui s'organisent avant qu'un local ne leur soit trouvé en 1970 au 10 de la rue du Drac. “Nous y faisions de la cuisine, de la couture. Nous parlions de nos problèmes. J'étais timide, ce lieu m'a réveillée”, note Danielle Chauvin. Début des années 70, les hommes immigrés qui construisent la Zup, jusqu'alors logés dans des baraquements, font venir femme et enfants dans le cadre du regroupement familial lancé sous Giscard. Quelques familles étrangères s'installent rue du Drac. Des liens se tissent dans les cages d'escalier. “Avec les femmes immigrées, nous échangions des recettes et des plats. Nous mangions le couscous ensemble. Le local de la Caf fut pour elles aussi un lieu d'émancipation.” La conquête des libertés. Au grand dam de leurs époux, souvent peu enclins à ces changements, les femmes de la rue du Drac conquièrent leurs libertés. Sur le socle de Mai 68 et du terreau militant du local où se croisent les travailleurs sociaux, les militants de la Confédération syndicale du cadre de vie (aujourd'hui CLCV), la Croix d'or, la Confédération syndicale des familles, les féministes de SOS Femmes battues, les Paysans travailleurs, les couples de militants associatifs qui mettent un point d'honneur à investir les HLM, elles cheminent et prennent conscience de leurs droits. “Nous vivions le quotidien des habitants et constations bien souvent un décalage entre les directives de notre conseil d'administration (ndlr : Centre d'action éducative) et ce à quoi nous étions confrontés sur place. Quand un jour fusèrent des questions sur la maternité, j'ai organisé une soirée collective pour expliquer comment on faisait les enfants et surtout comment on ne les faisait pas... J'étais issue d'une famille catholique mais le terrain nous renvoyait à la réalité des gens. Ce n'était pas simple. La pilule et l'avortement étaient encore interdits. Bien que parfois nous dûmes trouver des solutions... pour que dix enfants en dix ans ne soient plus une fatalité”, raconte Marie- France Flahault. “C'était une autre époque. Un de mes collègues des Dervallières a même été condamné en 1976 à la prison avec sursis pour avoir donné des préservatifs aux garçons du quartier. L'ayant soutenu, nous avons été vingt-cinq à être licenciés.” Pour la première fois, en 1977, quinze femmes, françaises et immigrées, “réalisent l'impossible” : partir à la conquête de la capitale le temps d'un week-end sans les enfants, sans les maris. “Une honte selon certains ! Un exploit pour nous !”, confie Maryse Barat. “Certaines d'entre nous n'avaient jamais pris le train, n'étaient jamais sorties de chez elles seules.” Danielle confia alors : “Ça me rappelle la maternité”. Le seul moment où beaucoup d'entre elles ont pu quitter le foyer. Le terrain de l'aventure. Entre ces femmes, les liens sont solides et se veulent francs pour avancer ensemble, soudées. Dans le journal qu'elles éditent, une habitante écrit : “Notre originalité, c'est que personne ne joue la comédie à l'autre : “T'as pas de fric, moi non plus. Ton mari picole, le mien aussi”. Dans le groupe, rien de caché entre nous. Nous mettons toute notre expérience au service des autres.” Ensemble, elles iront cueillir des fraises, des poireaux, des pommes de terre chez les Paysans travailleurs
à Saint-Julien-de-Concelles. “À 16 h 30, nous étions revenues. Il ne fallait pas compter sur les maris pour aller chercher les enfants à l'école.” Aux côtés de leur conjoint et des travailleurs sociaux, elles lutteront pendant des années pour obtenir un terrain de jeux pour leurs enfants : “le terrain de l'aventure” en 1978. “Nous l'avons obtenu quand Chénard prit la mairie. Les enfants ont même planté des arbres pour mieux les respecter ensuite”, ajoute Danielle. “Bien qu'appartenant à la couche populaire de la société, nous sommes quand même capables de réfléchir et de penser, nous aussi. Avec notre langage simple, nous estimons avoir le droit de nous exprimer et de donner notre avis sur tout ce qui concerne la Zup, ses aménagements existants et futurs et leur fonctionnement”, lit-on dans le journal du groupe des habitants animateur de la rue du Drac et du quartier daté de mai 1977. De leur vie au quartier, jusqu'à la société, tous les verrous sont levés. Désormais, elles auront leur mot à dire. La solidarité devient le leitmotiv rue du Drac. Discutées lors des réunions des femmes, des initiatives sont reprises par le groupe d'habitants : soutenir la lutte des éducateurs, du Mrap, de SOS Femmes battues, de Dubigeon en grève... Aujourd'hui, ces femmes de la rue du Drac témoignent auprès de l'association d'insertion Arlène, elle-même émanation du local de la Caf, tout comme l'épicerie communautaire et la Bref (Braderie rencontre entraide famille). Ces témoignages seront réunis dans une brochure dont la parution coïncidera avec l'inauguration de l'immeuble de la rue du Drac, futur toit d'associations. Demain, l'ancien appartement de Danielle Chauvin abritera le siège d'Arlène. Le torrent de la rue du Drac n'a pas fini de s'écouler.
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# Posté le vendredi 27 avril 2007 17:14

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Articles publiés dans « L'écrit de Bellevue »

« Castors, histoire d'une construction », n°2, avril 1992
Bois de la Musse au cours des années 50

« Naissance de la ZUP », n°3, juin 1992
le quartier dans les années 60

« Les chemins de Bellevue », n°4, octobre 1992
Origine des noms de rues évoquant le passé rural du quartier

« Le café des Lauriers »,
n°5, décembre 1992
Témoignage de M. et Mme Grandin, derniers propriétaires du café qui structurait une partie de la sociabilité du quartier entre 1922 et 1963.

« Le château du Bois de la Musse »,
n°6, avril 93
Article de Louis le Minor, historien local

« Les femmes de la rue DRAC »,
n°8, septembre 1993
Vie du quartier au cours des années 70

« 1945, les drapeaux d'Anne Marie »,
n°11, juin 1994
Témoignage d'une habitante sur la Libération, sur la venue des Américains dans le quartier

« Les trente ans de Bellevue »,
n° spécial, avril 1997

# Posté le vendredi 27 avril 2007 17:19

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Plusieurs voitures ont été volontairement incendiées vendredi, en début de soirée, dans le quartier Bellevue, à Nantes.

Vers 21 h 30, les sapeurs-pompiers et les forces de l'ordre sont intervenus pour des départs de feu concernant environ une dizaine de véhicules stationnés à proximité des arrêts de tramway Laurier et Romain-Rolland. Vers 23 h, les forces de police se trouvaient toujours sur place. Aucun affrontement n'a été signalé.

# Posté le vendredi 27 avril 2007 18:51

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Nantes Bellevue : Quartier défavorisé du L'Ouest de Nantes,classé zone franche urbaine, comptant environ 19 000 habitants.
Ce quartier comporte un nombre importants d'habitants d'origine étrangère et souffre d'un taux de chômage aux alentours de 30%.
A partir des années 70 et avec les nouvelles vagues de reconstruction et de politiques du logement, le quartier de Nantes Bellevue fut le témoin du développement du logement social, d'abord sur les anciens remparts au sud et au sud-est du quartier ou se construisirent des grands ensembles HLM notamment ceux de boulevard Emile Romanet.
L'histoire de ce quartier et de son urbanisation en fait donc un lieu qui est devenu populaire et qui rentre aujourd'hui dans de vastes plan de réhabilitation.

Avec aujourd'hui plus de 19 000 habitants (18 659 au recensement de 1999), Bellevue se classe au 1e rang des quartiers Nantais avec environ 10% de la population totale de la ville.
Ce petit pourcentage en matière de nombre d'habitants ne cache cependant pas d'autres caractéristiques qui donnent sa particularité a ce quartier.
Bellevue possède en effet une population très jeune. Selon les statistiques de 1990, certes anciennes, mais qui correspondent toujours à la tendance générale, les 0-14 ans représentent 42,4% de la population totale du quartier et les 15-24 ans, 22,6%.
De plus, Bellevue se distingue en étant le premier quartier Nantais pour son nombre d'étrangers.

# Posté le mercredi 16 mai 2007 12:21