Un match de foot dégénère à Carquefou
Des joueurs en sont venus aux mains au terme d'un match de football samedi. Le club de Carquefou envisageait hier de porter plainte.
Insultes, crachats et coups de poings. Ce samedi, une vague de violence a une nouvelle fois plombé un match de football, alors même qu'une centaine d'acteurs du sport débattaient sur ce thème à Saint-Sébastien-sur-Loire (lire Ouest-France d'hier). Le 24 mars déjà, un match de benjamins sur le terrain de la Mellinet avait suscité l'indignation. Un parent s'en était pris à un éducateur, devant les enfants. Le dérapage s'était soldé par plusieurs points de suture mais, surtout, par un match de réconciliation, dix jours après. Un mois plus tard, rebelote, avec d'autres équipes, chez les grands, à Carquefou.
Les échauffourées se sont déroulées à la fin d'une rencontre de moins de 18 ans, en division supérieure régionale (DSR). Au programme de cette 10e journée, une confrontation entre l'USJA Carquefou et la JSC Bellevue à 18 h. Sans grand enjeu puisque l'accession à la division d'honneur sera acquise aux deux premiers du groupe, soit Carquefou et Bellevue. Il n'empêche, l'USJA l'emporte 3 à 0.
« Un laps de temps très court »
Hormis quelques tacles rugueux en fin de partie, tout s'était pourtant plutôt bien passé jusqu'au retour aux vestiaires, vers 19 h 45. Puis, « c'est parti en vrille », confie un membre de l'USJA. Plusieurs témoins évoquent un déchaînement de violences survenues « dans un laps de temps très court », sur l'esplanade contiguë aux vestiaires. Le gardien de but carquefolien aurait été pris à parti avant d'être, semble-t-il, frappé par un joueur de Bellevue. À cet instant, un autre joueur de Carquefou serait intervenu pour les séparer avant d'être sonné par un coup à la tempe et pris en charge par les pompiers. Son père aurait essayé de lui venir en aide avant d'être, lui aussi, roué de coups par plusieurs joueurs. Le jeune homme qui a subi le traumatisme crânien a été hospitalisé au CHU, par mesure préventive. Il souffrirait d'un hématome à la joue.
« Tout le monde a pris des coups, c'est incompréhensible, résume un membre du club de Carquefou. Après on s'étonne qu'aucun arbitre officiel ne souhaite arbitrer ce genre de match... » Gille Fourage, président de la section jeunes de l'USJA, se dit attristé par ces événements : « ce n'est pas comme ça qu'on donnera une image populaire du football ». Même son de cloche du côté de Nicolas Paupier, entraîneur de l'équipe : « Ça commençait à chauffer à la fin du match. Il y a eu des insultes d'intimidation et ça a dégénéré. On a dû attendre pendant une heure dans les vestiaires de peur des représailles. Rétrospectivement, on se dit qu'on aurait mieux fait de déclarer forfait mais c'est dommage. »
« Quelques éléments perturbateurs »
Les faits ne sont pas contestés par la JSC Bellevue. Son président, Mohammed Abdelkrim, dénonce le comportement « inqualifiable » et « inadmissible » de certains joueurs. À ce titre, il promet des sanctions exemplaires, évoquant des mesures de suspension ou d'exclusion à l'égard des « quelques éléments perturbateurs ». « C'est dommageable pour tout le monde, il n'y a même pas de circonstances atténuantes. » Et il s'agace : « Il ne faut pas faire d'amalgame. Ce genre d'événement peut se produire n'importe où. Nous essayons de transmettre aux jeunes des valeurs telles que le respect, le courage, l'engagement, l'esprit sportif. »
Jean-Luc Marsollier, président du district 44, tenait, lui, à rester prudent en attendant que la lumière soit faite sur ce dossier, en précisant toutefois sa « réprobation face à ce type de comportements ». Sur la réponse à apporter, même circonspection : « Je vois d'un bon oeil une réponse pédagogique intelligente. » Deux affaires en un mois. Décidément, des benjamins aux jeunes adultes, ça ne tourne pas rond dans le foot.
Charles CENTOFANTI.
Ouest-France